Quelques unes de mes œuvres

Roses toxiques
Technique mixte / calligraphie

« Roses toxiques » est une œuvre qui met en scène la lutte silencieuse entre la beauté intérieure et l’hostilité du monde. Au centre du tableau s’élève une rose jaune, symbole de joie, d’optimisme et d’espérance. Elle se dresse fièrement au cœur d’un environnement aride, figuré par une surface couleur terre, fissurée et sèche. Cette terre craquelée représente l’hostilité quotidienne dans laquelle évolue l’être humain : un monde où l’ouverture à la différence se réduit, où la singularité devient rare et fragilisée.

Autour de cette rose lumineuse apparaissent des roses rougeâtres, les roses toxiques. Elles incarnent les obstacles, les embûches, mais aussi les individus malveillants qui jalonnent le parcours de chacun. Leur présence renforce la fragilité apparente de la rose jaune, mais souligne en même temps sa force intérieure et sa résilience.

Dans ce paysage contrasté, les lettres calligraphiques jouent un rôle subtil. Elles se tiennent au bord de l’espace aride, proches de la rose optimiste, mais sans jamais se mélanger au terrain desséché. Elles deviennent alors le symbole d’une résistance silencieuse : celles des valeurs — amour, beauté, compassion — qui persistent et demeurent vivantes malgré la dureté du monde environnant. Ces lettres sont comme un souffle spirituel qui accompagne la fleur centrale, sans se laisser engloutir par l’aridité environnante.

Le tableau met ainsi en lumière un contraste puissant : la fleur du mal, incarnée par les roses toxiques, s’épanouit paradoxalement dans un univers où l’amour et la beauté devraient régner, tandis que la fleur belle et optimiste s’impose dans un espace dur et desséché. Ce renversement symbolique exprime l’injustice profonde entre ce que l’on recherche — douceur, harmonie, sens — et ce que la réalité nous offre souvent.

La rose jaune, plus grande et plus vibrante, apparaît justement dans cet environnement hostile pour rappeler une vérité fondamentale : c’est dans les terrains les plus arides que naissent les plus belles âmes, celles façonnées par la compassion, l’humilité et la générosité.

“Ikraâ”
Technique mixte / calligraphie

Ce tableau est une invitation au savoir, une injonction à apprendre, comprendre, réfléchi. Dans une culture ou le savoir est une obligation spirituelle, et ou l’écriture et la lecture ont une dimension sacrée. Issu d’un verset qui va au-delà de ce cadre spirituelle mais qui est devenu symbole fondateur d’une culture qui place la connaissance, la lecture et la réflexion au cœur de son identité.

Artistiquement, Cette ce tableau est une incarnation de la tolérance.

Nous y trouvons le mot « Iqra’ » (« Lis »), avec la lettre alif qui sort du cadre (si l’on observe attentivement la peinture).

La sortie de la lettre hors du cadre n’enlève rien à sa beauté ; au contraire, elle incite à la contemplation et à l’appréciation de la beauté du tableau sous un angle différent, selon des critères sortant de l’ordinaire — un message invitant à accepter la différence dans un esprit de tolérance.

Cette tolérance repose sur des esprits éclairés par le savoir, ce qui explique l’usage du mot « Iqra’ ».

De plus, les personnes dotées d’un esprit illuminé possèdent une clairvoyance qui leur confère la sensibilité et la capacité intellectuelle nécessaires pour percevoir cette beauté dans ses différences et ses particularités. Clairvoyance représentée symboliquement par les yeux que l’on peut distinguer dans la peinture.

Les reflets de l’âme
Technique mixte / calligraphie

« Les Reflets de l’âme » est une œuvre calligraphique où les yeux, représentés sous différentes formes et expressions, deviennent les témoins silencieux de l’intériorité humaine. Inspirée de l’idée que les yeux sont le miroir de l’âme, la composition explore la diversité des émotions, des états spirituels et des résonances intérieures que chaque regard peut révéler.
La couleur bleue, omniprésente, enveloppe le tableau d’une atmosphère de profondeur et de sérénité. Associé à l’infini, au mystique et à la contemplation, le bleu crée un espace intérieur dans lequel le spectateur est invité à plonger.
Au centre de l’œuvre, une ligne dorée traverse la composition. Elle symbolise le cheminement de l’âme : une ascension vers la lumière, un parcours intime fait de doutes, de révélations et de quête spirituelle. L’or, couleur du sacré et de la connaissance divine, donne à ce chemin une dimension transcendante.
À l’extrémité de cette voie lumineuse se trouve un assemblage de lettres calligraphiées, regroupement symbolique qui représente la finalité de la recherche intérieure. Chaque lettre possède sa propre portée, inspirée de l’héritage soufi : elles renvoient à des valeurs telles que la purification, la présence, l’amour, la connaissance ou encore l’unité. Leur réunion matérialise l’idée que l’accomplissement spirituel se construit dans l’harmonie des sens, des émotions et des états de conscience.
Ainsi, Les Reflets de l’âme est une invitation à la contemplation, un voyage visuel où la calligraphie devient langage intérieur et où chaque regard, chaque nuance, chaque symbole ouvre une porte vers l’invisible

Kalima” / Parole
Technique mixte / calligraphie

« Kalima » — qui signifie Parole ou Mot en arabe — est un tableau qui explore la puissance, la fragilité et la portée spirituelle du langage. L’œuvre se construit autour d’une composition de lettres calligraphiques entrelacées, qui s’imbriquent les unes dans les autres pour former une structure cohérente et harmonieuse. Chaque lettre semble trouver sa place dans une constellation d’expressions, comme si le sens naissait de cette interconnexion subtile.

La palette chromatique repose sur un contraste puissant : un bleu cobalt profond, largement dominant, dialogue avec les nuances de noir, tandis que des touches d’or apparaissent çà et là, disséminées comme des éclats de lumière. Cette opposition chromatique évoque le cycle du jour et de la nuit, soulignant la dualité de la parole : une parole peut éclairer comme le jour, tout comme elle peut ouvrir la porte à l’obscurité.

Le tableau devient ainsi une méditation visuelle sur l’impact de chaque mot. Dans la tradition arabo-musulmane, la « bonne parole » (الكلمة الطيبة) est considérée comme une forme d’aumône, une sadaqa, un acte de générosité morale. L’œuvre rappelle que la parole n’est jamais neutre : elle construit, apaise, détruit ou libère.

Kalima s’inspire directement d’un proverbe arabe d’une grande profondeur, qui renforce cette idée centrale :

« Sais-tu ce que signifie un mot ?
Une clé du Paradis est un mot,
et l’entrée en Enfer peut venir d’un mot.
Le décret de Dieu est un mot.
Si tu savais la sacralité du mot…
Le mot est lumière,
et certains mots sont des tombeaux.
Certains mots sont des forteresses où se retranche la noblesse humaine.
Le mot distingue le prophète de la dépravation.
Par le mot se dissipe l’épreuve.
Le mot est lumière, guide suivi par la communauté.
Jésus n’était qu’un mot.
Le mot ébranle le tyran,
le mot est le bastion de la liberté.
Le mot est responsabilité.
L’homme est un mot,
l’honneur de l’homme est un mot. »

Cette citation résonne au cœur même du tableau : l’œuvre devient un espace où la calligraphie rend visible l’énergie des mots, leur pouvoir créateur ou destructeur, leur capacité à révéler la lumière ou à plonger dans l’ombre.

En somme, « Kalima » n’est pas seulement une composition esthétique : c’est un rappel vibrant de la responsabilité liée à chaque parole, une célébration de leur lumière, et une mise en garde contre leur obscurité. Un tableau où la calligraphie devient conscience.

Attawab” / Repenti
Technique mixte / calligraphie

« Attawab »Le Repenti — est une œuvre où l’expression calligraphique se mêle à la symbolique spirituelle. Le tableau présente le mot « Attawab » sous une forme calligraphiée qui épouse la silhouette d’une grenade, créant un dialogue visuel entre la notion du repentir et un fruit chargé d’histoire sacrée.

La grenade y occupe une place centrale, non seulement en tant que forme esthétique, mais surtout pour sa dimension symbolique. Présente au cœur des trois religions monothéistes, elle apparaît dans l’art, l’architecture et les traditions comme un symbole d’abondance, de pureté, de fécondité et de renouveau.
Dans la culture arabo-islamique, elle est également reconnue comme l’un des fruits du Paradis, renforçant ainsi le lien entre le repentir, la miséricorde divine et la promesse d’un retour vers la lumière.

L’œuvre est une explosion de couleurs, éclats vibrants et nuances qui se mêlent de manière fluide et harmonieuse. Ces couleurs traduisent le tumulte intérieur du repentir — ses déchirures, ses élans, sa transformation — mais aussi la beauté du chemin qu’il ouvre.

L’omniprésence du point (« an-nuqta »), élément fondamental de la calligraphie arabe, renvoie à la symbolique soufie telle que décrite par Ibn Arabi ou Mansur al-Hallaj. Le point est l’origine, la matrice, la semence de toutes les formes : il contient virtuellement toutes les lettres, tous les sens, comme le repentir contient la possibilité de renaître. Dans le tableau, il devient un noyau spirituel, un centre à partir duquel jaillissent les couleurs et les significations.

En associant la calligraphie, la grenade et la symbolique mystique du point, Attawab propose une vision du repentir non pas comme retour en arrière, mais comme éclosion intérieure, une ouverture vers un espace de beauté, d’abondance et de réconciliation.